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Une nouvelle voie dans le Vicdessos

Voie aux contreforts du pic de la Madelon : « Les lourds entres eux »
Article publié le mercredi 26 avril 2017.


Voie aux contreforts du pic de la Madelon « Les lourds entres eux »

Durant l’été 2016 une longue voie a été ouverte par Gérard Jalbert et Christophe Baudry. Elle se situe au fond de la vallée du Vicdessos sur les premiers contreforts du pic de la Madelon, au-dessus des berges de l’étang de Soulcem.(JPG) Au cours des journées d’escalade à Auzat et Génat qui précédèrent la première répétition de la voie, Gérard - qui rime avec bavard ! - ne s’était pas privé d’évoquer son chantier à la Madelon. Ce qu’il fera encore le jour venu avec Christophe qui apportera à son tour lui aussi des compléments d’informations aux paroles de Gérard ; une vision croisée, partagée, de deux passionnés en somme. Désormais, avec Benoit, nous savons mieux que personne comment s’est déroulée la création de cette voie ; en effet, les spits et les relais ne poussent pas tout seul ! On gare la voiture au bout de l’étang de Soulcem. On remplit les sacs en se répartissant cordes et jeu de dégaines. Le pic de la Madelon est enfoui dans les brumes grisâtres. Telle une coulée de neige, les brumes débordent les parois et glissent vers l’étang ; puis des trouées font surgir le bleu du ciel ; la journée s’ouvre au beau... La marche d’approche est très courte. En file indienne, on franchit la passerelle pour suivre le sentier horizontal qui mène vers la montée du couloir du Ruifred. On le quitte rapidement pour remonter un court pierrier. Ca y est, nous sommes au départ de la voie en seulement un quart d’heure. L’étang de Soulcem est tout irisé et sombre. Au pied de la paroi, à peu près en son milieu, une plaque toute en couleurs est apposée sur la roche. Elle mentionne : le nom de la voie « Les lourds entres eux », les initiales de ses ouvreurs « C.B.G.J », la date de création « 07.08.2016 » et la cotation maxi obligatoire « 5c.max.obl ». On lève la tête pour chercher les premiers spits, et ainsi prendre connaissance de la longueur. Aujourd’hui nous sommes deux cordées pour la première répétition. Une première cordée composée de Gérard et de Christophe (les ouvreurs). La seconde cordée est composée de Benoit et de Pierre (votre narrateur). Il va sans dire que la bonne humeur est présente. On s’équipe sur un tapis de gispet encore un peu humide. Avec les premiers rayons du soleil les bonnes sensations matinales affluent... Le désir de découvrir une nouvelle voie, l’envie de grimper nous remplissent de joie. Première longueur C’est Benoit qui commence à grimper. Il y va de ses premiers commentaires. Puis c’est à mon tour. Outre le plaisir de découvrir une nouvelle voie il y a celui de faire cordée avec un nouveau compagnon. Il va sans dire que Benoit est un drôle ; et qui se ressemble grimpe ensemble ! Prise de contact avec ce beau granit bien dur. Rien de difficile mais le corps n’est pas encore pleinement fluide dans ses mouvements. Une dalle pourvue de bonnes prises. La pelouse s’éloigne... Le relais se situe sur une vire herbeuse confortable. Les cordées se retrouvent, échangent leurs impressions. Deuxième longueur Le départ de la deuxième longueur est décalé sur la gauche. Je pars en tête. La longueur est courte, pas très difficile avec un pas qui donne le 5c. Là encore le relais est sur une vire herbeuse très confortable. De nouveau les cordées se retrouvent. Troisième longueur Un peu sur la droite, un départ difficile, ou plutôt athlétique. C’est ce passage qui donne la cotation 6b de la longueur ; mais on peut faire du tire-clou. Heureusement, je fais cordée avec Benoit qui aime ce genre d’escalade ; il a des bras costauds, et ne fait qu’une bouchée de la difficulté. La suite est moyennement soutenue. Nous sommes au milieu de la voie, en pleine montagne, heureux dans l’acte de grimper. Les nuages n’ont pas complètement disparus ; ils accrochent le relief ; la vue sur l’étang est magnifique ; les montagnes alentours - Malcaras, fond de la vallée de Soulcem - se dévoilent... Enfin un relais moins confortable. Benoit prend des photos et s’exalte de la beauté du paysage qu’il exprime à sa façon par une série de jurons digne d’un Robert De Niro écouté en version original dans le film « les affranchis ». Quatrième longueur Une traversée sur la gauche pour ensuite remonter tout droit dans un beau dièdre qui est incontestablement le beau passage de la voie. Suivi d’un court ressaut pour arriver au relais. La qualité de l’équipement est excellente. Cependant les intempéries n’ont pas encore entièrement lavé la paroi des résidus terreux et herbeux qui nappent parfois le rocher ; résidus issus du laborieux travail de défrichage effectué par les ouvreurs. Benoit grimpe, arrive... J’admire son style dans le passage du dièdre. Plus bas, la deuxième cordée est au relais où des rires jaillissent... On quitte le relais pour une courte montée qui débouche sur un large replat herbeux légèrement incliné où se tient le relais de la dernière longueur. C’est très spacieux. On peut se décorder, casser la croûte, s’octroyer une petit sieste, contempler la montagne... Ce n’est pas un grand ciel tout bleu ; les nuages vont et viennent au gré de je ne sais quel mouvement. Et puis la massive silhouette de Christophe surgit, style colosse des parois, suivit bientôt de Gérard tout en concentration. Cinquième longueur (la dernière longueur) Un charme de cette voie, ou plutôt sa particularité, c’est que la dernière longueur débute sur un replat tellement étendu qui fait que chacun d’entre nous peut l’effectuer en tête comme si nous étions sur un rocher école. Gérard et Christophe, et même Benoit et moi devisons sur le choix du placement d’un spit. L’escalade est variée ; c’est la longueur la plus soutenue et la plus longue. Vers la fin il y a un passage un peu sanglier tout en végétation. Et puis nous sommes en haut ! Moment de satisfaction particulier que d’accomplir une nouvelle voie en contemplant la montagne alentour. Au-dessus de nos têtes, il y a une portion de marche qui mène au départ de plusieurs voies d’escalade très soutenues dont notamment « la voie du souvenir » équipée par Gérard il y a... 31 ans ! Descente en rappel. Exercice qui impose de la concentration et un certain art pour jeter la corde sans qu’elle ne s’entortille dans quelque arbuste à tendance épineuse. Pour conclure, nous pouvons dire que la voie « les lourds entres eux » est une belle réalisation très bien équipée qui mérite d’être découverte quand les beaux jours arrivent... Quand la clameur de l’été bat son plein... Ou encore quand l’été touche à sa fin et que...

Les sangles longues Des voies longues De l’automne Avivent mon corps D’une ardeur Autochtone. Bref, quand il n’y a plus de neige et que la route qui mène à l’étang de Soulcem est dégagée ! Cette voie deviendra à n’en pas douter une classique des lieux. Un grand merci à Gérard et Christophe pour le travail accomplit. Alors amis(es) grimpeurs(es)... Y’a plus qu’à découvrir « les lourds entres eux » !... A + haut, à plus beau dans les Pyrénées ! les photos :les lourds La fiche technique Accès : un quart d’heure depuis le parking au bout de l’étang de Soulcem. La voie : « les lourds entres eux » - D sup - un rappel de 100m - 14 dégaines. 1ère longueur : 5a - 30m ; puis à gauche. 2ème longueur : 5c - 15m ; puis à droite. 3ème longueur : 6b ou 5c/A0 - 30m. 4ème longueur : 5b+ - 25m ; puis pelouse transitoire. 5ème longueur : 6a - 35m. La descente s’effectue en rappel.

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